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Pyrale du buis
La pyrale du buis dans les Gorges du Tarn : un ravageur favorisé par le réchauffement climatique
Un insecte invasif désormais bien installé
La pyrale du buis (Cydalima perspectalis) est un papillon nocturne originaire d’Asie orientale. Introduite accidentellement en Europe dans les années 2000, elle s’est propagée très rapidement. En Lozère, sa présence est aujourd’hui confirmée dans l’ensemble des Gorges du Tarn, du Rozier à Ispagnac, ainsi que sur les versants du Causse Méjean et du Sauveterre.
Ses chenilles se nourrissent exclusivement des feuilles de buis commun (Buxus sempervirens), espèce emblématique des gorges et des corniches calcaires.
Pourquoi une telle expansion en Lozère ?
Les Gorges du Tarn constituent un couloir bioclimatique chaud et abrité, où les conditions sont particulièrement favorables :
- hivers plus doux que sur les plateaux,
- parois calcaires restituant la chaleur,
- buxaies continues sur de longues distances,
- faible fréquence des gels prolongés.
Ces paramètres permettent à la pyrale de survivre en hiver et de réaliser 2 à 3 générations par an, parfois davantage lors des années très chaudes.
Le rôle du réchauffement climatique
Les données régionales montrent une hausse progressive des températures depuis plus de trente ans, accompagnée d’une réduction du nombre de jours de gel.
Ces évolutions ont plusieurs conséquences directes :
- meilleure survie des chenilles hivernantes,
- cycles de développement plus rapides,
- extension de l’aire colonisable vers des zones autrefois trop froides,
- augmentation du nombre de générations annuelles.
Ainsi, le réchauffement climatique agit comme un accélérateur biologique pour l’espèce.
Des impacts visibles sur le paysage
Les défoliations répétées provoquées par les chenilles entraînent :
- un blanchissement puis un dessèchement des buis,
- une mortalité élevée des buissons les plus touchés,
- une fragilisation des versants exposés à l’érosion,
- une perte d’habitats pour de nombreuses espèces associées aux buxaies.
Dans certains secteurs des gorges, les buis morts forment déjà des linéaires entiers, modifiant profondément l’aspect des falaises et des pentes.
Une problématique durable
Le buis est une espèce à croissance lente. Après plusieurs défoliations successives, il épuise ses réserves et meurt. La recolonisation naturelle est très lente, voire incertaine dans les zones les plus sèches.
La pyrale du buis représente donc un enjeu écologique majeur pour les années à venir, tant pour la conservation des paysages que pour la stabilité des milieux rupestres.








