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Arrachage de l'ambroisie

04/08/2026

Une réunion d’information sur les ambroisies a été coorganisée par FREDON, la commune et les associations locales.

Destinée aux référents communaux ambroisie, aux élus, aux agents techniques et au grand public, elle a permis de présenter les enjeux liés à l’ambroisie, les critères de reconnaissance de la plante, la réglementation, le suivi des signalements et le rôle du référent communal.

La rencontre s’est poursuivie par la visite d’une station d’ambroisie à feuilles d’armoise, afin de relier les apports théoriques aux observations de terrain et aux actions de gestion.

Cette première séquence d’information a ainsi servi de point d’entrée vers les interventions concrètes menées localement.

Rencontres de terrain autour de l’ambroisie

Le vendredi 17 juillet, une intervention a été organisée de 9 h 30 à 12 h 30 sur la commune de Gorges du Tarn Causses,

au camping de l’aire naturelle du Château de Charbonnières, en lien avec le SMBV Tarn-Amont. Cette opération a permis l’arrachage d’environ 150 plants d’ambroisie à feuilles d’armoise.

Au-delà de cette intervention ponctuelle, le suivi mené sur plusieurs années permet d’évaluer l’efficacité des actions engagées.

Les arrachages réalisés régulièrement ont produit des résultats positifs : deux stations sont désormais considérées comme éradiquées.

À Montbrun, sur la rive gauche, la station a été éradiquée en deux ans.

L'ancien camping « Del Ron » présente une particularité : l’éradication y a été favorisée par une crue importante, qui a emporté la couche superficielle du sol et laissé place aux galets nus.

Suivi des stations et évolution des populations

La station de Charbonnières fait l’objet d’un suivi quantifié depuis trois ans : plus de 3 000 plants ont été arrachés la première année, 2 100 la deuxième, 800 la troisième, puis environ 150 plants cette année sur deux stations.

Ces résultats locaux prennent tout leur sens lorsqu’ils sont replacés dans le cycle biologique de l’ambroisie et dans les conditions favorables à son installation.

Présentation de l’ambroisie à feuilles d’armoise

Ambrosia artemisiifolia

Classification APG III (2009)

Règne

Plantae

Clade

Angiospermes

Clade

Dicotylédones vraies

Clade

Astéridées

Clade

Campanulidées

Ordre

Asterales

Famille

Asteraceae

Sous-famille

Asteroideae

— non classé —

Heliantheae alliance

Tribu

Heliantheae

Genre

Ambrosia

 

Cycle biologique

Le cycle biologique de l’ambroisie explique l’intérêt des interventions précoces.

Plante annuelle, elle passe la période hivernale à l’état de semences enfouies dans le sol.

La germination débute généralement en avril-mai, avec l’apparition de deux cotylédons puis de deux feuilles opposées et découpées. En juin-juillet, la plante atteint progressivement sa taille adulte ; cette période correspond au moment le plus favorable pour intervenir. En août-septembre, parfois dès la mi-juillet, les fleurs s’épanouissent et émettent un pollen abondant. À partir de septembre, la plante fructifie puis se dessèche ; les graines tombées au sol alimentent alors la banque de graines pour les années suivantes (source : Observatoire national de l’ambroisie).

Dans le sud-ouest, le cycle biologique de l’ambroisie et son déterminisme auto-écologique restent encore imparfaitement connus.

Milieux colonisés : une adventice de terrains remaniés

L’ambroisie est une plante pionnière annuelle, peu compétitive, appartenant à la famille des Astéracées. Elle colonise principalement les sols nus et les milieux perturbés : zones agricoles, notamment cultures de tournesol, jardins, chantiers, friches, remblais, pare-feux forestiers, terrains vagues et bords de routes. Espèce thermophile et nitrophile, elle se développe préférentiellement dans les lieux chauds, ensoleillés et relativement riches en azote.

Confusions possibles

Une vigilance particulière est nécessaire afin d’éviter les confusions avec d’autres espèces proches. Une station d’ambroisie à épis lisses a notamment été découverte dans les Bouches-du-Rhône et dans le Gard.

Après les actions d’arrachage et la présentation des caractéristiques de l’ambroisie, le suivi d’Ophraella apporte un éclairage complémentaire sur les moyens de régulation biologique actuellement observés.

 

Premiers enseignements du suivi après les lâchers d’Ophraella  2025

Dans ce cadre, au cours de la première semaine de juin, l’INRAE a réalisé une tournée sur les 16 points de lâcher d’Ophraella suivis l’année précédente. La FREDON Occitanie a contribué aux observations sur les sites situés dans la partie est du territoire, avec pour objectif de vérifier la présence éventuelle d’Ophraella après la période hivernale.

Pour rappel, les Ophraella passent l’hiver sous forme adulte, enfouies dans des débris végétaux, puis réapparaissent l’année suivante au moment de la germination des ambroisies. Cette présence précoce peut entraîner des dégâts sur les jeunes plants, mais plusieurs facteurs peuvent perturber l’hivernation : crues ou inondations, interventions mécaniques ou chimiques, enfouissement des sites, etc. Les effectifs observés fin août 2025 constituaient également un indicateur important pour estimer les chances de retrouver Ophraella en 2026.

Les premiers résultats de cette tournée restent prudents : des Ophraella ont été observées sur deux sites, avec des effectifs encore faibles. Ces constats confirment néanmoins une présence sur certains secteurs après l’hiver et constituent un premier point d’appui pour le suivi 2026.

La deuxième tournée, programmée la dernière semaine d’août, permettra de mieux apprécier l’évolution de ces populations au cours de la saison.

Conclusion : maintenir une vigilance collective

L’ensemble des observations présentées confirme l’intérêt d’une action régulière, coordonnée et inscrite dans la durée. Les résultats obtenus sur les stations suivies montrent que l’arrachage précoce, lorsqu’il est répété et accompagné d’un suivi attentif, peut réduire fortement les populations d’ambroisie, voire conduire à l’éradication locale de certains foyers.

Le suivi d’Ophraella ouvre, en complément, une perspective intéressante pour mieux comprendre les dynamiques naturelles de régulation. Les observations restent encore limitées, mais elles constituent un point d’appui utile pour poursuivre les suivis en 2026 et adapter les interventions de terrain.

La lutte contre l’ambroisie repose donc sur une combinaison d’actions complémentaires : information du public, formation des référents, reconnaissance précoce des plants, interventions rapides et surveillance régulière des sites. Cette mobilisation collective demeure essentielle pour limiter la propagation de l’espèce, réduire les risques sanitaires liés au pollen et préserver les milieux concernés.